Lugh & Co Opinions | 15 novembre 2021

[Article] L’Entreprise Durable : comment mener de manière pragmatique son entreprise vers la durabilité ?

Quel(s) intérêt(s) à se lancer dans la durabilité ?

Pour une entreprise, s’engager dans la durabilité présente plusieurs intérêts :

  • Mise en conformité réglementaire et juridique ce qui évite à l’entreprise d’être sanctionnée
  • Accès à des incitations fiscales et financières (crédits d’impôts, prêts avec des taux d’intérêt très bas)
  • Réduction des risques (ex : approvisionnement, sanitaire, sécurité…)
  • Réduction des coûts (ex : recyclage métaux rares)
  • Accroissement de l’attractivité de l’entreprise auprès des institutions, des investisseurs, des clients ou encore des candidats…

Pour le dirigeant, s’engager dans la durabilité présente également de nombreux intérêts :

  • Redonner du sens. Beaucoup de dirigeants se posent des questions sur l’avenir de leur entreprise. S’engager dans la durabilité leur permet de pérenniser leur action au sein de l’entreprise et de l’installer dans un temps long dans un contexte où leur durée de mandat a tendance à se réduire.
  • Continuer à apprendre. S’engager dans le durable est une façon pour le dirigeant d’étendre ses pratiques, d’intégrer de nouvelles idées, de l’innovation, de s’inspirer et d’échanger avec d’autres écosystèmes.

Par où commencer pour devenir durable ? Quelles actions mener ? Quelles pistes explorer pour un dirigeant qui souhaite rendre son entreprise durable ?

Pour s’engager avec efficacité dans la durabilité, il est important de revoir le fonctionnement de la gouvernance – là où les décisions se prennent – en ouvrant par exemple, le conseil d’administration à des administrateurs indépendants, à des experts en développement durable ou encore y inviter les parties prenantes en mode consultatif.

Pour s’engager avec sérieux dans la durabilité, plusieurs étapes à suivre pour le dirigeant :

  • S’informer, se former et être curieux : les bases avant de se lancer
  • Aligner ses convictions et ses postures de leadership pour pouvoir être suivi, fédérer et motiver autour de la cause auprès des parties prenantes (internes ou externes) condition sine qua non pour assurer la survie de l’entreprise à long terme
  • Définir la vision stratégique de l’entreprise (partagée avec son Codir), sous forme d’ateliers par exemple, en intégrant des experts à la discussion dans une démarche d’anticipation pour la porter dans le temps et faire émerger l’intelligence collective

Pour porter la cause avec courage, le dirigeant se doit également de se poser les bonnes questions et d’être bien entouré. Il est donc crucial de constituer un collectif de décisionnaires pour passer toutes les activités de l’entreprise au filtre de la durabilité en impliquant le Codir dans une démarche de projection stratégique en vue de mener une réflexion sur l’aspect durable de chaque activité.

Les process vont être mis à jour, tout le monde aura un rôle à jouer (DAF, DRH, directeur des achats, directeur de la production, marketing…), il va donc falloir courir un marathon.

L’objectif ici est de s’interroger sur la stratégie de l’entreprise : se demander s’il faut l’adapter, où réinjecter du durable…

Le dirigeant devra également rendre compte notamment à travers un reporting extra financier pour communiquer de façon transparente sur ses réussites et ses échecs en matière de durabilité auprès des parties prenantes.

Sans structure et plan d’actions clairs, il peut rapidement se sentir submergé par l’ampleur de la tâche et s’éparpiller dans ses actions.

Pour s’engager dans cette démarche dans la durée, il est important de retenir que ce sont les pas concrets (même petits) qui entraînent l’entreprise vers une trajectoire durable. Il ne faut donc pas vouloir tout faire tout de suite. Le plus important c’est l’action, la mise en marche.

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Quels enjeux anticiper (gestion des priorités, gestion de la transformation…) pour s’y engager sereinement ?

La priorité du dirigeant dépend d’un certain nombre de facteurs liés à son entreprise : sa taille, son secteur et la pression exercée (vient-elle du régulateur, des consommateurs, des investisseurs, des salariés, de l’international ?) et de la vitesse de transformation nécessaire (importante dans le secteur pétrolier par exemple) et des investissements d’infrastructure nécessaires pour durabiliser le modèle économique.

Quelle(s) ressources mobiliser pour s’engager dans le durable ?

Lorsque l’on s’engage dans la durabilité, avoir le soutien des investisseurs, des actionnaires, des fonds d’investissements est crucial. L’une des grandes bases du développement durable liée à la dimension de gouvernance est la dualité des pouvoirs.

Il est à la fois, plus sain et plus durable de séparer ces deux fonctions et de les faire incarner par deux dirigeants avec, d’un côté, un DG pour l’opérationnel et, de l’autre, un Président pour la gouvernance.

Dans sa quête de durabilité, l’entreprise peut également s’appuyer sur des coalitions qui rassemblent des gouvernements, des entreprises, des Etats, des ONG, des experts, des spécialistes. Elles échangent sur l’atteinte des objectifs durables, sur le partage des actions, de méthodes, retours d’expérience.

Cela permet à l’entreprise de sortir de son microcosme et d’identifier des opportunités de partenariats permettant ainsi de sortir d’une vision purement concurrentielle pour tendre vers une dynamique de coopération.

Quel intérêt pour le dirigeant de se faire accompagner dans sa démarche de durabilité ?

Dans sa quête de durabilité, plusieurs opportunités s’offrent au dirigeant dépendamment de sa situation :

  • En situation de crise : le dirigeant est accompagné sur sa communication, sur sa gestion de crise, sur sa relation avec les parties prenantes.
  • En situation d’anticipation : le dirigeant accompagné dispose d’un angle durable qui lui permet de revisiter toutes les activités de son entreprise et de prendre un avantage concurrentiel sur ses concurrents moins vertueux.

Dans tous les cas, une stratégie durable peut être rapide à esquisser mais sa mise en œuvre, quant à elle, peut prendre plusieurs, voire plusieurs années.

Ainsi, être accompagné en ce sens est judicieux pour tout dirigeant qui souhaite assurer un bon équilibre entre gestion du quotidien et anticipation pour amener son entreprise vers la durabilité et avoir un temps d’avance.

Dans ce cadre, le coach structure et canalise le questionnement, balaye les angles morts et occupe un rôle de mise en relation d’expertises pour inspirer le dirigeant dans cette démarche.

Quels conseils pour le dirigeant qui souhaite se lancer dans la durabilité ?

S’engager dans la durabilité n’est pas simple, il s’agit d’une initiative technique (tout comme a pu l’être la transformation digitale), mais l’entreprise a tout à y gagner.

Pour le dirigeant qui souhaite s’y engager, il lui faut être curieux, interroger son entourage, ses clients, ses fournisseurs et ne pas avoir peur de la complexité et de se lancer dans du test and learn. Car la durabilité représente aujourd’hui encore un territoire à défricher et touche tous les pans de l’entreprise (les RH, la finance, le marketing, les achats, la production…).

Isabelle LEFEBVRE interviewée par Lugh & Co

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