Lugh & Co Featured Opinions | 9 septembre 2019

[Article] Le coaching d’évolution : une opportunité face à un cycle de vie raccourci en entreprise

Quand parle-t-on de coaching d’évolution ?

Cette forme particulière d’accompagnement permet à une personne désireuse de changer de situation professionnelle d’identifier puis de mettre en œuvre un projet professionnel pérenne et désirable.

Dans cette approche, on s’attache à révéler ou à développer les compétences propres (savoir-faire et savoir-être) que l’on souhaite activer, redécouvrir afin d’y puiser l’énergie et la motivation pour s’accomplir. En miroir, elle libère des scories qui troublent la perception, brident les envies comme les croyances limitantes. Elle minimise aussi l’impact des expériences négatives, tout en combattant l’auto-dévalorisation (syndrome de l’imposteur).

Le coaching d’évolution, pour qui ?

Toute personne se questionnant sur sa situation professionnelle actuelle et dans l’hésitation d’un nouveau projet à moyen/ long terme.

Auparavant, les candidats au coaching d’évolution étaient plutôt des personnes qui avaient peu ou prou subi leur départ de l’entreprise ou leur cessation d’activité, des cadres qui percevaient leur âge comme une limite à une transition professionnelle. Cette population s’est aujourd’hui élargie à des salariés proche de la quarantaine, en pleine maturité professionnelle et sans menace apparente mais qui s’interrogent sur un parcours dans le même cadre (ce que d’aucuns appellent la “crise de la quarantaine”, et qui correspond plus souvent à l’individuation professionnelle théorisée par Pierre Casse).

Pour tous, pris dans un continuum de carrière et prisonniers de leur quotidien, il devient impossible de passer d’un état où l’on exprime ce que l’on rejette à un état où l’on est capable de formuler ce que l’on veut vraiment.

Un déroulement en étapes structurées et structurantes

Le parcours conduit de la prise de conscience à la mise en oeuvre du nouveau projet, en passant par la remise à jour de ses objectifs de vie professionnelle et de ses conditions de succès. Il est ponctué par trois grandes étapes

  • Le point zéro qui consiste à mettre à plat la situation à date et le champ des contraintes de la personne accompagnée
  • Le cheminement qui vise à définir et à affiner ses projets de demain, ce qui motive, ce que l’on ne veut plus faire
  • La trajectoire désirée qui permet de passer du projet à sa réalisation

1- Point zéro

Il s’agit, dans cette phase, d’appréhender les éléments essentiels dans lequel se situe le point de départ de la réflexion : cadre financier, familial, professionnel, culturel, et tout ce qui va permettre de comprendre ce qui, dans sa propre histoire, a construit la personne et a contribué à forger ses convictions. C’est une photographie à un instant T ; certains facteurs vont bien sûr évoluer et de nouveaux stimuli vont apparaître au fil du parcours et seront bien entendu intégrés dans le cheminement. La mission du coach consiste à dresser un état des lieux ayant pour effet une prise de recul et une meilleure perception de sa réalité (points de force, risques, marges de manœuvre, etc.). 

Cette prise de conscience, balisée par un cheminement méthodologique précis, met en lumière les sources de motivation et d’actions, les talents et les compétences, et comment les actionner au mieux ; de même pour les éléments qui freinent, limitent, dévalorisent ou démotivent. Dans ce contexte, le coach fait prendre conscience de la singularité du coaché et des éléments fondateurs qu’il doit considérer pour imaginer un projet désirable et s’y engager avec succès.

2- Cheminement

Une fois les freins levés, et les points de force identifiés, envisager des projets s’inscrivant dans la réalité et la pérennité prend tout son sens. A cette étape, ils sont souvent différents des pistes qui ont pu être évoquées avant le démarrage car trop pollués par le quotidien, la zone de confort, les autolimitations, les conseils (“l’enfer est pavé de bonnes intentions”) et les aspirations d’autrui, voire les phénomènes de mode (“si tu veux faire une belle carrière, il faut partir à l’international” par exemple).

Le coach va challenger les projets en chassant les incohérences en s’appuyant sur ce qui a été identifié lors des étapes précédentes, et les replacer dans un principe de réalité.

3- Trajectoire

Une fois le projet retenu, il s’agit d’en dessiner la trajectoire pour y parvenir, qui peut comporter une ou plusieurs étapes, et de décider d’un véritable plan d’actions pour rendre sa mise en œuvre la plus efficace possible.  

Le travail du coach consiste alors à accompagner le coaché dans l’identification de toutes les actions utiles et dans leur intégration dans une véritable roadmap.

En fonction du projet, le coach peut ensuite accompagner son coaché dans la mise en œuvre du projet, seul ou avec des tiers experts, par exemple :

  • Recherche d’un emploi salarié : rédaction du CV, identification et prise de contacts avec les cibles, jusqu’à la prise de poste et les 100 jours
  • Reprise d’entreprise : définition des entreprises cible, évaluation des cibles, modes de financement, conditions de reprise et de départ du cédant…
  • Création d’entreprise : finalisation du concept, vision globale et alignement des associés si nécessaire, BP et pitch, financement…

Un professionnel à ses côtés pour être efficace

Une interrogation courante est : pourquoi prendre un coach pour réfléchir à son évolution ? “Je suis très entouré(e)…”, “je peux y réfléchir tout(e) seul(e)”, etc.

Or, l’intervention d’un tiers non neutre (à commencer par soi-même) biaise le processus à tous les stades. Que ce soit conscient ou non, et pavé de bonnes intentions, un proche aura tendance à projeter ses envies, son propre intérêt parfois, ses peurs, ses aspirations inassouvies et ce qu’il perçoit de la personne. De surcroît, cette démarche implique de la part du coaché une grande honnêteté, une liberté de parole et un abandon de toute posture sociale.

Quant à un travail réalisé avec soi-même, il exclut, de facto, toute idée d’impartialité de jugement, positif ou négatif, toute chasse aux incohérences et donc tout challenge.

De plus, les décisions prises in fine pouvant induire de profonds bouleversements dans sa vie (quitter un poste de direction dans un grand groupe pour monter sa pâtisserie par exemple), il est primordial de les prendre en conscience et en partage avec sa famille.

A noter que, parfois, le cheminement amène à conserver le poste actuel. Les réflexions menées ont ainsi permis de comprendre que la solution n’était pas de changer de poste, mais de l’exercer différemment, en élargissant les champs des possibles et en prenant davantage de hauteur. Il faut alors savoir expliquer pourquoi la démarche de coaching a ramené au “point de départ”…

Le prérequis dans le coaching d’évolution est donc d’être le plus ouvert possible pour ne pas préjuger de l’issue, avancer au risque de se (re)découvrir, être prêt à abandonner certaines postures…  et accepter de se faire challenger.

Pour conclure, il s’agit d’une initiative extrêmement efficace pour se repositionner, éclaircir ses véritables aspirations, se projeter dans le futur et, quel que soit le choix final, se redonner confiance et un nouveau dynamisme. 

Quand l’enclencher ?

Dès que vous êtes en réflexion sur votre prochaine étape professionnelle : haut potentiel qui souhaite reprendre la main sur son parcours, cadre qui souhaite devenir entrepreneur, dirigeant salarié qui rêve de reprendre une start-up, personne licenciée brutalement ou non, etc.

Catherine VERNEUIL