Recrutement de Responsables RSE : il est urgent d’attendre

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De plus en plus de PME se retrouvent confrontées à des situations liées à la RSE auxquelles elles ne savent pas trop comment répondre. Leurs équipes managériales se sentent impuissantes et pourtant, des solutions urgentes doivent être trouvées : questionnaires et/ou audits imposés par les donneurs d’ordre, éligibilité à de nouvelles réglementations (CSRD par exemple), pression concurrentielle, questionnaires des investisseurs (private equity, banques…), enjeux techniques, urgences (climatique, logistique, réputationnelle…), etc. Autant de sujets nouveaux à maîtriser rapidement, car la qualité des réponses apportées impactera l’obtention de nouveaux marchés, le niveau des taux bancaires, la couverture des risques, etc.

Dès lors, pour faire face à ces défis, les PME optent souvent pour la solution qui paraît la plus simple : solliciter un expert RSE, externe à l’entreprise. Mais, en s’appuyant sur un budget restreint : celui d’une petite entreprise. Cela débute généralement par le recours à un consultant externe, quelques jours par-ci par-là, puis quelques jours par semaine. Puis on décide de recruter un Responsable RSE pour gérer l’ensemble des projets initiés. Un choix stratégique opéré à plusieurs reprises par le passé, sur d’autres sujets (ex : qualité, informatique…) et dont les conséquences sont loin d’être neutres :

  • Un risque de gaspillage de ressources, car ces responsables RSE embauchés dans une PME peinent parfois à se projeter à long terme au sein de l’entreprise et cèdent vite aux sirènes de la concurrence ;
  • Une inflation de la masse salariale non productive, et donc un risque fort d’érosion de la rentabilité. D’autant plus quand ce responsable finit par obtenir le recrutement d’un stagiaire, puis de deux apprentis, etc., pour renforcer l’équipe ;
  • Une déresponsabilisation des directions fonctionnelles qui délèguent allègrement tout ce qui concerne la RSE à cette personne “recrutée pour ça”, et qui ne se donnent pas les moyens de maîtriser un sujet qui demain sera central dans l’entreprise (comme ce fut le cas pour d’autres sujets comme le numérique ou la qualité) ;
  • Des projets RSE tactiques mis en œuvre à court terme sans cohérence ni vision stratégique structurée, donc une source de dépenses inappropriées, voire inutiles pour l’entreprise.

L’approche RSE d’un grand groupe n’est pas adaptée à une PME

Notre conviction est que les dirigeants de PME doivent prendre du recul et appréhender les enjeux liés à la RSE de manière proportionnée, stratégique et ordonnée.

Pour y parvenir, quatre étapes sont essentielles :

Etape #1 – sensibiliser l’ensemble de la gouvernance

La RSE est potentiellement une transformation majeure, tout comme l’a été l’arrivée du numérique. Si la direction de l’entreprise ne saisit pas les opportunités et les risques impactant l’attractivité d’une entreprise, les dépenses inutiles s’accumuleront, les équipes se démotiveront, et la transition sera ratée. Sans parler du risque que des concurrents l’auront, quant à eux, réussie.

Etape #2 – construire, en équipe, une vision stratégique de croissance durable pertinente, créatrice de valeur pérenne

  • a. Bien saisir les enjeux clés du développement durable impactant l’activité (“qui se conçoit bien, s’énonce clairement”, disait Boileau) ;
  • b. Dialoguer avec les parties prenantes, pour bien appréhender les interactions et les enjeux conjoints ou disjoints ;
  • c. Analyser les impacts matériels (positifs et négatifs) sur toute la chaîne de valeur, sans catastrophisme ni excès d’optimisme, de façon à avoir la meilleure vue d’ensemble possible ;
  • d. Cartographier les risques avec sérénité, en sachant affronter la brutalité des faits
  • e. Choisir ses engagements avec discernement, en se raccrochant par exemple à la mission et aux valeurs de l’entreprise.

Etape #3 – bien définir, ensemble, la trajectoire et le niveau d’ambition

  • a. S’interroger sur sa trajectoire : quelle direction prendre ? quelle vitesse ? quels efforts déployer ? quand ? et de quelle façon ?
  • b. Se projeter en choisissant le bon niveau d’ambition : être en conformité, développer des initiatives tactiques, réussir une intégration stratégique à tous les niveaux de l’entreprise, ou devenir leader “best in class”.

Etape #4 – mettre en œuvre durablement

  • a. Repenser l’organisation : quelle direction fonctionnelle va porter le projet durable auprès de la Direction Générale et du Conseil d’Administration ? La direction financière, les ressources humaines, les achats, la production ? Ce sera ensuite le bon moment pour envisager le recrutement d’un responsable RSE opérationnel, avec le profil pertinent (expérience, expertise technique ou sectorielle, compétences en management de projet transverse, potentiel d’évolution).
  • b. Transmettre l’énergie grâce à une stratégie des alliés avec les parties prenantes notamment, et accompagner le changement.
  • c. Mesurer les résultats, rendre compte, célébrer les succès, s’enrichir des échecs, communiquer. Pour certaines entreprises, le choix d’une certification ou d’un label sera pertinent, d’autres choisiront d’enclencher un processus de reporting extra financier structuré.

En procédant ainsi, une PME accroît fortement ses chances de succès sur le sujet complexe de l’intégration de la RSE dans son quotidien. En effet, en ayant l’ensemble de l’équipe de direction pleinement autonome sur le sujet, avec le soutien éclairé du conseil d’administration, consciente des atouts et des risques qui peuvent être rencontrés, elle retrouve les bénéfices collatéraux d’une démarche stratégique réussie, quelle qu’elle soit :

  • Ressouder le collectif autour d’une trajectoire qui a du sens ;
  • Optimiser les processus de l’entreprise ;
  • Créer un impact financier positif (coûts d’exploitation, financiers, humains, marges) ;
  • Accroître l’attractivité de l’entreprise (recrutements, développement commercial, fournisseurs, investisseurs…).

Comment enclencher concrètement ce processus, dès maintenant ?

Etape #1 – Acculturer le CODIR et le Conseil d’Administration pour comprendre et mieux appréhender le sujet de la RSE

Certaines formations sont particulièrement adaptées à un public de dirigeants ou d’administrateurs : l’ENSAM, par exemple, a développé un cursus personnalisable constitué d’une dizaine de modules à réaliser sur un an.

Etape #2 – Construire une stratégie de croissance durable vertueuse et ambitieuse, en mobilisant toutes les forces vives des instances décisionnelles de l’entreprise

Cette initiative peut prendre la forme d’un atelier d’une demi-journée (pour réaliser en équipe une Fresque de l’Impact) ou d’un séminaire de 2 ou 3 jours (pour construire une vision stratégique à horizon 2030).

Etape #3 – mettre en œuvre la vision 2030 en déployant la stratégie dans le temps

Pour ce faire, il convient d’organiser des points d’étapes (séminaires annuels), en planifiant des formations pointues pour les opérationnels (performance énergétique, éco-conception, achats responsables, sobriété numérique etc.) et en recherchant des solutions de financement pour la transition.

Vous êtes déterminé à rendre votre entreprise durable et à aborder la RSE de la meilleure façon ?

Les business coachs Lugh & Co vous accompagnent tout au long de ce parcours ambitieux, en co-construisant avec vous des solutions personnalisées pertinentes et proportionnées à votre taille et à vos enjeux.

N’hésitez pas à nous contacter, nous sommes impatients d’en savoir plus sur vos défis durables !

Isabelle Lefebvre & Xavier Baudard

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