Lugh & Co Opinions | 12 décembre 2018

[Article] Walt Disney et Steve Jobs : dirigeants et artistes à la fois

Ces deux génies du 20ème siècle partagent, tous deux, une fibre artistique exceptionnelle et la création d’un empire économique.

En quarante ans, Walt Disney a imposé son génie artistique dans l’imaginaire mondial. En même temps, il a surmonté tous les obstacles et une série d’échecs pour bâtir un empire économique. L’exemple parfait du manager-artiste cher au cœur de Lugh & Co. Le dessinateur américain a entièrement axé son business model sur la créativité.

Dès ses débuts, jeune employé dans une agence de publicité, il lance hardiment sa propre entreprise cinématographique. Pour obtenir des fonds, il montre des ébauches de projets aux investisseurs, les raconte et les fait vivre. C’est un commercial hors pair qui démarche en vue de décrocher des contrats – sans se préoccuper de rentabilité immédiate. Il n’a que vingt-deux ans mais sa hauteur de vue est déjà impressionnante. Quand le son apparaît sur les écrans, en 1927, le scepticisme domine. Il n’en a cure et anticipe les opportunités à venir. Il décide immédiatement d’introduire cette innovation dans le dessin animé avec « Steamboat Willie » sorti en 1928.

Le public découvre alors le personnage de Mickey. L’entrepreneur en fait un emblème et lance des produits dérivés. En 1930, le « Mickey Mouse Club » compte déjà un million de membres.

Toujours à la pointe de la technologie, de l’audace et surtout… de l’intuition, les studios Disney sont parmi les premiers à adopter la couleur puis le long-métrage, avec « Blanche-Neige » qui obtient un succès considérable en 1938.

Le patron fait participer chacun de ses collaborateurs, prié d’apporter ses idées, à toutes les décisions importantes. Une attitude rarissime à l’époque, même aux Etats-Unis.

Sa marque de fabrique est sa capacité à communiquer son enthousiasme à ses interlocuteurs. Passionné, il paie de sa personne en passant parfois des heures à expliquer tel ou tel projet à l’ensemble de son staff. Avec le souci de ne jamais rien imposer définitivement.

Un modèle pour Lugh & Co, tout comme le parcours extraordinaire de Steve Jobs, fondateur d’Apple, artiste et dirigeant infatigable.

Comment expliquer son immense créativité qui lui permit d’inventer le Mac, l’iPod, l’iPhone, iTunes, l’iPad… ? D’abord, par son amour du détail, de l’esthétique et de la qualité. Il produisait par millions d’exemplaires mais se comportait en peintre ou sculpteur attaché à la perfection de son œuvre. « Être l’homme le plus riche du cimetière ne m’intéresse pas, proclamait-il. Mais aller au lit en me disant : « On a encore fait un truc merveilleux aujourd’hui », voilà ce qui me motive ».

Il tâtonnait sans cesse avec la souplesse et la grande adaptabilité caractérisant la vraie intelligence. Passionné de musique ou encore de spiritualité hindoue, chacune de ses aventures existentielles a renforcé sa connaissance de lui-même et sa confiance légendaire en son propre talent.

« La créativité consiste seulement à relier les choses entre elles, à mobiliser ses souvenirs… Plus large est ta compréhension de l’expérience humaine, meilleur sera ton design », insistait-il.

Tous ses succès ont reposé sur une analyse fine, intuitive et éminemment artistique des priorités de l’homme de la rue, de ses attentes comme des attentes de son équipe, malgré une apparence parfois solitaire. En 1996, rappelé à la tête d’Apple, il déclarait : « Tout ne repose pas sur moi. Ce qui peut remettre cette entreprise sur ses pieds tient à ceci : il y a beaucoup de gens talentueux ici. Ils ont entendu le monde leur dire durant quelques années qu’ils étaient des loosers et certains d’entre eux n’étaient pas loin de le croire. Mais ce ne sont pas des loosers. Il leur manque de bons dirigeants et un bon plan ».

Ne laissez pas le bruit généré par les opinions des autres noyer votre voix intérieure, recommandait-il aux étudiants de Stanford. Suivez votre cœur et votre intuition. Le reste est secondaire.

C’est la philosophie propre à Lugh & Co qui vise à faire de chaque manager, dans son domaine et à son échelle, un artiste aussi performant que Steve Jobs.