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Quelques mots sur le contexte actuel
Fort de notre perception occidentale, toute référence au concept d’échec est souvent considérée comme péjorative.
Nous avons tous rencontré un échec à un moment de nos vies. Nous savons que ce qui s’est produit dans le passé, peut se reproduire dans un futur, proche ou éloigné.
Ceci touche les trois grandes familles de ce qui nous entoure : notre vie personnelle, notre vie professionnelle et le sport pour ceux qui le pratique. Bien souvent, le souvenir laissé par cette expérience est douloureux, ce qui nous incite à la tenir cachée.
Mais, quelles sont les causes racines qui placent l’échec comme un revers, et non comme une opportunité positive ?
Notre système éducatif sous un spectre large, (nos parents, nos religions, nos études, notre entourage, notre univers professionnel), ne nous a pas habitué à ériger les échecs comme les étapes d’un parcours de vie, à l’inverse d’une culture anglo-saxonne.
Combien d’entre nous ont été bercés par de telles injonctions : « attention, tu ne peux pas échouer, tu n’as pas le droit d’échouer » ?
Il serait illusoire de croire que l’on peut vaincre l’échec, comme l’on pourrait vaincre une maladie. Il n’existe pas de prescription miracle.
Notre système de pensée, suivant les processus cognitifs, rejette ce mot d’échec, dans une perception sensorielle négative, en amont comme en aval.
Quels écueils éviter pour une perception transformée de l’échec ?
Il nous faut tenter d’éviter certains pièges qui nous conduisent à un comportement que certains pourraient qualifier d’autodestructeur :
- L’auto-culpabilisation : en sommes-nous responsables à 100%, ou est-ce le fruit d’une conjonction de divers facteurs incluant notre propre personne ?
- La peur : elle peut être réelle, sincère, avérée, mais doit-elle prendre le dessus ?
- La procrastination : devons-nous sans cesse remettre à demain ce que nous aurions pu tenter de faire hier ?
Dès lors, comment aborder ces situations tant redoutées, et s’enrichir de ces expériences ?
Lorsque l’on s’aventure dans les récits liés à la transformation de l’échec en réussite, les citations, les exemples concrets et avérés ne manquent pas. Ces ressources présentent deux points communs :
- Le premier, très explicite, nous indique que les succès sont arrivés après bien des tentatives infructueuses.
- Le second, est que ces exemples sont, à plus des deux tiers, issus de la culture anglo-saxonne.
Vivre et vaincre notre perception de l’échec constituent un processus complexe, qui doit œuvrer/contribuer à notre épanouissement, quel que soit notre âge et notre statut (professionnel comme personnel).
En premier lieu, il existe autant d’individus, que de perceptions différentes. Là où certains courbent l’échine, d’autre bombent le torse et perçoivent un échec comme un catalyseur positif.
10 pratiques à considérer pour modifier votre perception de l’échec
- Ne pas assimiler l’échec à un jugement final. C’est en acceptant cette réalité (sans déni ou syndrome de l’imposteur) que l’on met en place une dynamique de progrès. Aucun d’entre nous n’a su marcher du premier coup.
- Se donner les moyens d’une introspection en profondeur. Cette démarche, complexe et engageante, peut être facilitée avec le recours d’un tiers neutre pour prendre le recul nécessaire et bénéficier d’une écoute généreuse et bienveillante. Il est crucial de ne pas s’enfermer dans une forme de subjectivité pour ne conserver que le rationnel.
- Savoir développer une approche résiliente pour s’énergiser et cultiver son envie de rebondir. Comme disait Epictète : « tu as échoué, recommence. »
- Prendre le temps nécessaire de comprendre les raisons, tout en adoptant une attitude positive, pour que l’état d’esprit soit constructif et en mode développement. Et bien identifier les causes exogènes sur lesquelles je n’ai, de toute façon, pas de prise, de celles endogènes, où se nichent mes zones de progrès.
- S’informer et s’inspirer de modèles ayant transformé une adversité comme un apprentissage et l’envie de poursuivre. La philosophie asiatique et les parcours d’entrepreneurs en regorgent.
- Se fixer des objectifs SMART, pour repartir de l’avant en se voyant sereinement enchaîner les succès.
- Se préparer à la prochaine étape, en suivant une stratégie bien définie, et agile, pour éviter les écueils liés à un état d’auto-certitude. Il convient de laisser place à l’imprévu et de savoir s’adapter en conséquence.
- S’entourer de compétences et de soutiens tiers, afin d’apprécier avec un temps d’avance, si la piste désirée est compatible à son objectif initial. Ceci permet aussi d’éviter la solitude subie, vecteur aggravant.
- Apprendre à gérer ses émotions en dissociant l’échec de sa propre personne, comme valeur personnelle, et être déterminé à avoir le recul nécessaire pour ne pas tomber dans une spirale d’auto-flagellation.
- Lâcher-prise, se distancer de tout sentiment pouvant conduire à une appréciation erronée. L’idée ici est d’engranger une pensée positive, afin d’imaginer, un bonheur associé au plaisir, et la fierté d’avoir atteint son but.
Savoir considérer l’échec comme un cercle vertueux
Notre appréciation individuelle en cas d’échec sera systématiquement différente en se basant sur nos modèles éducatifs respectifs, nos parcours professionnels et personnels.
La maîtrise, en amont, de notre perception reste un élément clef. Et si l’on doit aborder un certain état d’esprit, car finalement, c’est de ceci dont il est question, Nelson Mandela se plaisait à dire « I never lose, I either win or learn » (je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends).
Il n’existe pas de recette miracle. Chacun doit puiser dans ses réserves émotionnelles et professionnelles (ou personnelles), pour s’adapter au mieux. Transformer ce que nous estimons un échec comme un apprentissage (parfois rude), est une vision constructive de ce que nous devons faire.
La persévérance doit nous dicter une logique entrepreneuriale visant à ne pas se décourager, tout en continuant à nous développer de manière positive et s’auto persuader que demain sera meilleur.
Un échec professionnel, quel qu’il soit, n’est pas une fin en soi. Nous le savons tous, le meilleur moyen d’apprendre, est de recommencer, tel un enfant qui doit conserver son équilibre sur sa bicyclette dès lors que les stabilisateurs ont été retirés.
Il s’agit d’une question de positivité, car on ne pourra jamais se reprocher d’avoir essayé, d’avoir tenté.
Combien de fois avons-nous su le faire dans nos vies personnelles et affectives ?
Dans cette même logique, la devise des SAS Britanniques me parait être la meilleure réponse à ces questions de perception :« Who Dares Win », autrement dit « qui ose gagne ». Alors osons nous dépasser…
Hubert Martin



