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Près de 35 000. C’est le nombre de décisions que nous sommes amenées à prendre chaque jour.
Certaines sont certes plus engageantes que d’autres. Dans tous les cas, prendre une décision est une alternative de plusieurs solutions avec une certaine chance de se tromper.
Dans la sphère professionnelle, pour un dirigeant et ses équipes, la prise de décision revêt une importance particulière car elle engage tous les aspects de la vie de l’entreprise (stratégique et opérationnelle).
Elle inclut une dimension humaine particulière qui intègre le leadership du responsable de la gouvernance.
Lorsqu’une obligation de prise de décision se profile, il résulte par définition, deux mouvances contradictoires qui ne peuvent cohabiter. Cette situation nécessite un choix tranché qui favorisera une situation, une vision, plutôt que l’autre. Dans les deux cas, il y a une prise de risque et il en découlera, de façon irrémédiable, des pertes ou des situations inconfortables qui seront toutefois ajustables et maîtrisables dans le temps.
Prendre une décision c’est avant tout faire un choix
En préambule, il est possible de faire deux constats fondamentaux : plus l’enjeu est important plus le niveau d’irrationalité est élevé, plus le choix est rapide, plus il est autoritaire.
De fait, prendre une décision est l’acte le plus fréquent dans une journée de travail. Ne pas faire quelque chose, choisir entre deux possibilités, lever une option, dire oui ou non.
Bien entendu, il existe des décisions anodines que nous prenons et assumons sans hésitation. Mais il en va différemment quant aux décisions importantes ou, tout au moins, plus impliquantes. En effet, face à une situation complexe, confrontés à un choix difficile, nous éprouvons une tension intime, une appréhension qui nous fait craindre la faute et ses conséquences.
L’impression qui domine alors, c’est qu’en tant que dirigeant et/ou équipe, si nous ne prenons pas de pleines décisions, nous allons droit dans le mur, ou, nous allons faire perdurer et alimenter une situation complexe qui peut devenir intenable.
Cette circonstance est au cœur de la vie d’une entreprise, d’un entrepreneur, ou de tout responsable devant faire un choix, il est, en effet, parfois plus simple de fermer les yeux pour ne pas faire face à la réalité qui nous entoure.
C’est le moment où nous préférons le mensonge au courage.
Au fond de nous-même, parfois notre intuition première, celle de faire le choix opportun, est sournoisement étouffée par les obstacles de la mise en œuvre. La faisabilité, mauvaise conseillère, nous fait alors inventer de nuisibles arguments : trop tôt, pas complètement mûr, trop risqué, difficilement acceptable… Mal avisés, nous laissons s’installer dans notre esprit un mauvais compromis. Nous faisons des CONcessions dans l’espoir de faire CONsensus et finalement nous ne produirons que de la CONfusion (la “théorie du triple con”).
Or, la procrastination est loin d’être une méthode de gouvernance performante et le demi-choix encore moins.
Une demi-décision n’est pas une décision !
Une demi-décision se traduit par la connaissance d’une situation à problème pour laquelle nous ne prenons pas réellement de décision. Nous allons évoquer le sujet lors de réunions, essayer d’en comprendre les origines, les faits actuels, tenter de rassembler les troupes en espérant la dissipation du sujet épineux. Mais dans ces réponses qui ne sont pas des décisions, il n’y a pas de prise en compte du fond du problème et il est fait abstraction du futur.
Que va engendrer une situation conflictuelle si elle n’est pas traitée ? Trop souvent on laisse à penser que le temps fera son affaire et l’oubli s’installera. Le pari est osé et la réponse connue de tous, c’est le principe de la cocotte-minute !
La demi-décision n’apportera que des ennuis supplémentaires en compléments de ceux que vous avez déjà occultés jusqu’alors.
La peur devant l’obstacle ou le désir de ne pas contrarier les autres constituent tout autant de freins qui conduisent à la tergiversation et donc à l’évitement. On en conclura que, quelles qu’en soient les raisons, les demi-décisions sont toujours préjudiciables tant aux individus qu’aux organisations. Elles sont génératrices de sentiments d’incertitude et d’instabilité, et rendent difficile la réalisation de plans et de projets, voire conduisent même à de graves erreurs.
Prendre une décision, c’est trancher
Dans un tel contexte, en tant que dirigeant ou équipe, il n’est plus question de savoir qui a tort ou qui a raison. Une décision doit être prise, il faut trancher et vous êtes celui (ceux) qui doit (vent) décider. Il est alors nécessaire de sortir de ce qui s’apparente à une zone de confort.
Parfois, on ne dispose pas de toutes les informations dont on a besoin pour prendre une décision définitive (considérer qu’il suffit de 60% des données pour la prendre), la peur de prendre la mauvaise existe aussi. Dans une telle situation, il est important de prendre le temps de le faire avec soin et réflexion.
Dans ce contexte, il est nécessaire de considérer toutes les options, d’apprécier le pour et le contre de chaque choix. Une fois prise, il est crucial de communiquer cette décision, de manière claire et concise, pour éviter confusions et malentendus, auprès de toutes les parties prenantes concernées.
A noter qu’il est aussi indispensable d’être prêt à changer d’avis en cas de nouvelles informations ou de circonstances mouvantes. En effet, il vaut mieux admettre avoir eu tort que de s’en tenir à une décision qui n’est plus dans le meilleur intérêt de l’organisation et de toutes les personnes impliquées.
Douter ce n’est pas redouter l’action
Peut-on prendre les bonnes décisions en craignant leurs conséquences ? Peut-on faire des choix osés si nous anticipons le pire ? Ainsi posées, ces questions sont sans appel.
Bien sûr, nous pouvons parfois hésiter, mais ce doute doit préparer l’action et non pas la redouter au point de reculer/paralyser.
Face à l’adversité et aux difficultés, le craintif s’entoure de ses vieilles protections. Il se protège de tout et fait des choix prudents. L’audacieux, quant à lui, s’arme de ses singulières convictions car il sait que rien de grand ne se construit sans détermination.
Ainsi, craintif ou audacieux, quel que soit son tempérament, il faut faire un choix.
Nous serions bien avisés de ne jamais l’oublier.
Philippe Santini



