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Repenser la performance en entreprise en s’inspirant des sportifs de haut niveau

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Celui qui renonce à être meilleur, cesse déjà d’être bon.

Cette citation ou devise dont on ignore précisément l’auteur est souvent reprise dans l’univers du sport. Elle exprime avec justesse l’indispensable nécessité pour un sportif de s’entraîner durement, régulièrement, pour progresser ou ne serait-ce que pour maintenir son niveau de compétitivité. Il doit s’inscrire dans une dynamique de progrès permanent. Autrement dit, il ne suffit pas d’être bon pour être encore et toujours meilleur.

Pour un dirigeant, s’inspirer du sport de haut niveau est pertinent à plus d’un titre.

Dirigeants, cadres, managers d’équipe comme sportifs visent tous la performance, l’atteinte d’un ou de plusieurs objectifs. Ces derniers doivent être précis et clairement identifiés par l’équipe pour y parvenir : une condition préalable à la réussite.

Pour le sportif, il peut s’agir d’atteindre un minima, un niveau minimum pour participer à une épreuve (par ex. passer 4,73 m au saut à la perche pour les femmes aux JO de Paris) ou de se qualifier pour une compétition à l’issue d’un tournoi qualificatif (l’équipe de France masculine de basket 3×3 y est parvenu pour les JO de Paris).

Pour le dirigeant, cela n’est pas très éloigné, il s’agit aussi d’atteindre un niveau minimum de chiffre d’affaires, de part de marché ou de marge, le fameux budget ou objectif qui déclenche potentiellement variable, primes ou dividendes. Cela peut aussi être un niveau maximum à ne pas dépasser si l’entreprise est pilotée par les coûts. Être retenu à l’issue d’un appel d’offres (RFP1) qu’on appelle aussi « compétition » sur certains marchés peut être comparé à un tournoi qualificatif.

Les objectifs d’un manager peuvent être aussi plus opérationnels (taux d’attrition, ARPU2, NPS3, etc.) et représenter l’équivalent des marges techniques de progression d’un sportif (% ou vitesse de 1ère balle au tennis, le strokes gained4 au golf, distance de course à haute intensité en football, etc.).

S’engager dans un processus d’amélioration continue pour atteindre une croissance durable

Parfois, atteindre l’objectif peut être l’arbre qui cache la forêt.

Tout dépend de la façon dont il est déterminé. Il peut être plus ou moins élevé, prendre plus ou moins bien en compte le contexte et les points de force/faiblesse des concurrents et de l’entreprise. Il peut aussi, dans le pire des cas, être mal construit et ne pas aller dans l’intérêt de l’entreprise (par ex. un volume de CA réalisé avec une baisse de la marge ou des prix moyens). Autrement dit, il ne suffit pas d’être bon et d’atteindre un objectif supposé élevé à un instant T, il faut aussi s’engager dans une dynamique d’amélioration.

Le dirigeant et le manager doivent avoir la volonté constante de se perfectionner et de s’en donner les moyens pour atteindre une croissance durable. Ils doivent s’attacher à progresser sur d’autres critères de performances. Et ils sont nombreux : marketing produit, relation client, process commercial, production, gestion des stocks pour n’en citer que quelques-uns.

Cela nécessite un état d’esprit tourné vers la recherche du progrès et la remise en question régulière pour durer dans le temps. C’est avoir la conviction de ne jamais se reposer sur ses lauriers, que le statu quo n’est jamais suffisant et que l’amélioration continue est un pilier de la croissance durable. La situation est la même pour un sportif.

Pour exemple, le Big 3 du tennis mondial, Federer, Nadal et Djokovic n’ont eu de cesse d’évoluer et de se remettre en question pour dominer pendant près de deux décennies le classement mondial (947 semaines à eux trois en tant que n°1 mondial, soit 18 ans depuis 2004 !).

Ils ont tous été numéro 1 mondial, ils ont tous cherché à progresser, prendre la balle plus tôt, être plus agressif en revers, varier davantage leur jeu, monter plus souvent au filet, modifier leur service et retour de service, etc. Autant de points d’amélioration pour être encore meilleur. Pour eux, comme pour un dirigeant, renoncer à être meilleur, c’est accepter de stagner, c’est aussi s’exposer au risque de se faire dépasser par des concurrents à moyen terme.

Mettre en place une routine qui valorise l’acceptation du changement et l’innovation

Dans le contexte économique actuel, la notion de progrès permanent est souvent négligée et le quotidien des tâches urgentes prend le dessus. Il est facile de se complaire dans la gestion des affaires courantes et de perdre de vue l’importance de l’amélioration continue. Pire, sans s’en rendre compte, on réplique les mêmes méthodes alors que le bon sens ou les résultats nécessiteraient d’en changer.

Pour réussir, le dirigeant ou le manager ne doit pas céder à la facilité, et donc s’imposer une routine de travail pour s’obliger, lui et ses équipes, à s’améliorer. Cela passe par la nécessité de changer d’angle de vue et de s’ouvrir à d’autres pratiques. La célèbre citation d’Albert Einstein – « La pensée qui nous a amené à l’endroit où nous sommes n’est pas celle qui nous mènera à l’endroit où nous voulons être » – montre que l’innovation et le progrès passent par un changement, souvent radical, d’approche et de réflexion.

Cela implique de remettre en question les méthodes existantes mais aussi d’encourager la créativité, l’expérimentation et de tirer des leçons des échecs comme des réussites. Cela revient à créer, au sein de l’entreprise, des moments de réflexion et un environnement propice au développement où chacun se sent encouragé à donner le meilleur de lui-même. C’est aussi faire preuve de curiosité et d’ouverture d’esprit pour accepter de changer.

Le dirigeant et le manager doivent inciter leurs collaborateurs à explorer de nouvelles pistes, à repousser leurs limites et donc à sortir de leur zone de confort. Créer un monde où l’apprentissage, le changement et l’innovation sont la norme, menant à un succès individuel et collectif durable. Ne pas oublier que progresser passe par un processus continu et un engagement fort.

Quelques actions concrètes à mettre place pour s’en assurer :

  • Des programmes de formation et de développement personnel continu.
  • Pratiquer le feedback afin de favoriser l’apprentissage et la progression personnelle.
  • Récompenser les initiatives innovantes pour créer de l’émulation.
  • Encourager le partage d’idées et le travail collaboratif.
  • Célébrer les succès et les échecs, en tirant des leçons de chaque expérience.

En sport, le meilleur exemple est le changement d’entraîneur ou de coach qui met en place, avec l’acceptation du joueur ou de l’équipe, un nouveau plan d’entraînement qui apporte de meilleurs résultats.

Les exemples de réussite de changement de « team » sont nombreux dans les sports individuels (tennis avec Federer/P. Annacone, Edberg, puis Ljubicic, golf avec Tiger Woods/B. Harmon, athlétisme avec Marie-Josée Perec/J. Piasenta puis J. Smith, natation avec Léon Marchand/B. Bowman, etc.) comme dans les sports collectifs (basket avec Phil Jackson/Bulls puis Lakers, football avec Pep Guardiola/Barcelone puis Manchester City, foot américain avec Bill Belichick/New England Patriots, etc.).

Ces exemples illustrent qu’un changement d’approche et un processus d’amélioration continue est déterminant pour atteindre ou retrouver les sommets.

L’immobilisme est synonyme de régression, la stagnation est l’ennemie du progrès, l’amélioration continue est un pilier de la croissance durable.

Eric Schnubel

  1. Request For Proposal ↩︎
  2. Average Revenue Per User ↩︎
  3. Net Promoter Score ↩︎
  4. Le nombre de coups gagnés par un joueur par rapport à la moyenne des autres joueurs du champs à l’échelle d’un trou, d’un tournoi ou d’une saison. ↩︎
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