Lugh & Co Carnets Lugh & Co | 10 juin 2022

[Carnet] Etat de l’art – comprendre les leviers du management pour accroître son impact

Ce n’est un secret pour personne, le management connaît une crise qui, d’après nombre de médias et de publications, semble « inédite ». Ainsi, beaucoup d’articles n’hésitent pas à pointer du doigt la crise sanitaire comme grande coupable.

Et si celle-ci n’était pas la vraie cause de la crise managériale mais plutôt le fruit de décennies d’incohérences et d’un manque criant de formations adéquates – « 4 managers sur 10 n’ont pas été formés au management » selon une enquête conduite par Cadreo relayée par Focus RH[1] avant la crise du Covid – dont la crise sanitaire serait le catalyseur ? Et si les causes de ce chamboulement avaient des racines bien plus profondes ?

En effet, un décalage de perception sur la qualité des relations managériales existait déjà avant la crise du Covid entre managers et salariés, avec « 7 managers sur 10 qui s’accordaient une note supérieure à 3 tandis que moins d’un collaborateur sur 2 leur donnaient une note équivalente », selon la même enquête[2].

La crise sanitaire semble donc plutôt avoir multiplié des grains de sable déjà présents et dont les conséquences ne sont pas à négliger, notamment l’une d’entre elles qui se traduit par un nombre toujours plus croissant de cadres qui ne désirent plus manager d’équipes.

Auparavant perçu comme le Graal pour certains, ou un « passage obligé » signe d’évolution hiérarchique pour d’autres, ils sont de plus en plus nombreux à considérer des voies alternatives d’évolution au sein de l’entreprise, comme par exemple le développement approfondi de compétences pointues pour passer expert. Ce phénomène, qui ne semble pas être près de s’arrêter, représenterait « 20% des cadres en France » selon une étude menée par OpinionWay pour Indeed en mars 2021 relayée par Maddyness[3]. C’est notamment la surcharge de travail, le manque de reconnaissance et aujourd’hui encore, le manque de formation qui expliqueraient cette désaffection. Phénomène qui paraît d’autant plus inquiétant lorsque l’on sait, selon cette même étude relayée par HR Voice[4], que « cette proportion est encore plus élevée parmi les 35-49 ans (27%), soit la tranche d’âge la plus susceptible d’occuper des fonctions managériales. »

Face à cette tendance, l’on est donc en droit de s’interroger sur une éventuelle pénurie de managers à moyen-long terme. En effet, si les cadres décident de tourner le dos à la fonction de manager, à qui confiera-t-on la gestion des équipes ? D’autant plus que d’après cette même source[5] : « 68% des répondants de l’étude déclarent que dans leur job idéal, ils aimeraient être managés ».

La crise sanitaire ne semble qu’exacerber un manque considérable de formation au métier de manager qui perdure depuis de nombreuses années. Manager a toujours été une œuvre complexe – crise sanitaire ou non – il est donc primordial de ne pas négliger ces signaux d’alerte pour ne pas mettre en péril les organisations et accompagner les cadres ayant une inclinaison naturelle pour cette profession pour leur permettre de s’y épanouir pleinement.

L’objectif de ce carnet est de mettre en lumière certains aspects managériaux essentiels vis-à-vis de son équipe et ainsi comprendre comment le management génère de la valeur pour l’entreprise toute entière.

Bonne lecture.

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[1] https://www.focusrh.com/formation/formation-professionnelle/4-managers-sur-10-n-ont-pas-ete-formes-au-management-32130.html

[2] https://www.focusrh.com/formation/formation-professionnelle/4-managers-sur-10-n-ont-pas-ete-formes-au-management-32130.html

[3] https://www.maddyness.com/2021/12/06/cadres-perte-gout-manager/

[4] https://www.hr-voice.com/communiques-presse/ces-cadres-qui-ne-veulent-pas-ou-plus-etre-managers/2021/09/09/

[5] https://www.hr-voice.com/communiques-presse/ces-cadres-qui-ne-veulent-pas-ou-plus-etre-managers/2021/09/09/